Où en est la prise en charge de la maladie d'Alzheimer en Belgique?

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Où en est la prise en charge de la maladie d'Alzheimer en Belgique?
Où en est la prise en charge de la maladie d'Alzheimer en Belgique?

Alors qu’en 2018 on estimait à plus de 137 000 le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en Belgique, elle représente un problème de santé publique majeur. Ces dernières années, de nombreux progrès ont été réalisés dans la prise en charge de cette maladie. Il s'agit notamment de soutenir les patients et leurs familles, d'améliorer les soins à domicile et dans les maisons de repos et de soins, d'accroître l'information et la sensibilisation à la maladie et d'expérimenter de nouvelles thérapies. À l'occasion de la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, le 21 septembre dernier, c’était l’occasion de faire le point sur les progrès réalisés par la médecine dans le traitement de cette maladie. Quelles sont les mesures de prévention et de soutien existantes ? Avons-nous une meilleure connaissance de la maladie et des moyens d'améliorer le quotidien des patients et des familles ? 

 

Les jeux et activités pour préserver la mémoire des malades d’Alzheimer

 

Si prévenir la maladie d’Alzheimer reste une grande espérance, les progrès de la recherche et de la médecine ont toutefois permis de mieux comprendre les facteurs de risque, d’une part, et ceux qui, d’autre part, permettraient de retarder l’apparition de la maladie ou d’en ralentir les effets. Les professionnels sont unanimes sur l’importance des jeux et exercices cognitifs pour préserver les facultés des personnes âgées, retarder l’apparition de démence et atténuer les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Les jeux et autres activités ludiques et physiques remplissent un rôle à la fois intégrateur, socialisant et thérapeutique. Les activités proposées aux patients Alzheimer sont généralement ciblées et étudiées par des spécialistes afin de répondre parfaitement à leurs besoins. Différents types d’exercices sont recommandés par les professionnels. Ils proposent une contribution à la fois physique et mentale de la personne, afin de préserver et de stimuler sa capacité d’écoute, d’attention, de compréhension, de reconnaissance et de mémoire. Ces activités peuvent englober de simples conversations tout comme des exercices visant la stimulation de la mémoire visuelle par le biais de jeux de reconnaissance et de comparaison de dessins ou d’analyse de photographies. Les ateliers de réminiscence font partie des outils clés de la prise en charge Alzheimer en maisons de repos et de soins. Lors de ces ateliers, on propose aux résidents des thèmes évocateurs tels que "l'enfance et la maison familiale" "les années écoles" "les voisins" ou encore "la guerre".

Pendant une heure et demie, environ, se déroulent des échanges de conversation autour d’albums photos, de films anciens, d'images et d'objets d’autrefois, ainsi que de nombreuses saveurs et senteurs du passé. C’est surtout un moment de sensations fortes où la mémoire sensorielle -olfactive et gustative- est stimulée. Mme Pauline Carpentier à la direction du centre Alzheimer Les Parentèles de la rue Blanche à Paris, explique ainsi l’importance des ateliers à visée thérapeutique pour les résidents. “Les nombreux ateliers du rire, de gymnastique, de peinture, de revue de presse, d’analyse d’images et autres nombreux ateliers organisés au sein de l’établissement permettent non seulement de stimuler et de préserver les capacités physiques et cognitives des personnes, mais également de lutter contre la tristesse ou l’angoisse et de créer une ambiance positive et stimulante qui comporte également des effets positifs sur la santé.” 

 

La vie sociale et les sorties, parties intégrantes de la prise en charge Alzheimer 

 

Cela ne fait aucun doute. Prendre un café avec une amie ou une autre résidente sur la terrasse, participer à une activité de jardinage ou se promener  sont des activités essentielles pour le bien-être physique et moral des personnes âgées. Les liens et relations sociales représentent un excellent moteur d’échanges, de sollicitation et d’enthousiasme. Mais les bienfaits de la vie sociale sur les personnes âgées ne s’arrêtent pas là. Ceci est particulièrement vrai pour les personnes atteintes d’Alzheimer. Que l’on habite chez soi ou en établissement, conserver des relations actives avec les autres jouerait même un rôle préventif concernant l’apparition de démences comme Alzheimer et permettrait d’en ralentir les effets. Lors d’une interview pour Retraite Plus, le Dr Sandra Benizri, neurologue, avait déjà évoqué la grande importance des relations sociales pour préserver les capacités cognitives. Il est donc fondamental de privilégier ce large pan de thérapie non médicamenteuse et surtout concernant la prévention. Les émotions représentent un facteur clé dans la résurgence des souvenirs de personnes atteintes d’Alzheimer. Les relations sociales favorisent l’expression des émotions et le partage tout en créant une ambiance générale conviviale et rassurante pour la personne. En maisons de repos et de soins, les diverses activités et ateliers proposés aux résidents et plus particulièrement aux patients Alzheimer ne sont pas considérés comme des outils récréatifs annexes mais bel et bien comme des facteurs essentiels d’une prise en charge ciblée et indispensable au bien-être des personnes âgées. 



De plus en plus de malades Alzheimer admis en maisons de repos et de soins



Selon une enquête de la Fondation Médéric Alzheimer rapportée par le site spécialisé Gerontonews, le nombre de malades Alzheimer admis au sein d’un établissement spécialisé comme une maison de retraite ou un centre Alzheimer a augmenté en France de 35% en huit ans, une évolution en chiffres qui a été marquée conjointement par une amélioration de la prise en charge, un élargissement des équipements et aménagements spécialisés, une meilleure connaissance de la gestion des symptômes et des méthodes naturelles de thérapie comme l’art-thérapie, par exemple. En Belgique, on a connu, ces dernières années, un phénomène similaire. Selon l’AVIQ, l’Agence pour une Vie de Qualité, les maisons de repos et de soins accueillent de plus en plus de personnes atteintes de troubles cognitifs majeurs.  Une étude menée auprès de 25 établissements de Wallonie a montré en effet que 40 à 60 % des résidents présentent des troubles cognitifs de légers à sévères. Généralement équipés d’une salle Snoezelen et d’endroits à la fois ouverts et sécurisés comme des espaces de plein air et jardins thérapeutiques, les maisons de repos et de soins prenant en charge les résidents Alzheimer leur offrent l’opportunité d’une certaine autonomie dans un cadre parfaitement surveillé. Au sein des espaces Snoezelen, par exemple, bien que généralement accompagné d’un professionnel, le résident se laisse librement guidé par ses émotions, par la magie des sens qui font souvent resurgir des souvenirs enfouis depuis longtemps. Les jardins thérapeutiques, quant à eux, sont aménagés de manière adaptée aux besoins spécifiques de ces personnes. Comme nous l’explique Mme Carpentier : “Notre jardin thérapeutique est par exemple équipé d’un grand cercle pour que les personnes qui ont besoin de déambuler puissent le faire sans perdre leurs repères. De manière générale, un centre spécialisé comme le nôtre est entièrement étudié et conçu pour faciliter le quotidien des malades d’Alzheimer, les aider à préserver leur autonomie et à se sentir bien au sein d’espaces sécurisés et prévus à cet effet. La prise en charge de jour comme de nuit est assurée sans que le résident se sente entravé dans sa liberté.”

 

Des thérapies non médicamenteuses prometteuses contre la maladie d’Alzheimer 

 

Au-delà des ateliers et autres outils de thérapies non médicamenteuses permettant d’atténuer les symptômes de la maladie, certaines thérapies visent le ralentissement, voire le recul des caractéristiques liées à la maladie elle-même comme l’accumulation anormale de plaques amyloïdes dans le cerveau. Parmi elles, la luminothérapie a déjà montré une certaine efficacité pour ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer. Plusieurs études ont en effet permis de mettre en évidence les nombreux effets bénéfiques d’une exposition régulière à une luminosité naturelle ou artificielle sur les cycles circadiens du jour et de la nuit souvent perturbés chez les malades d’Alzheimer. La régulation de cette perturbation atténue ainsi divers symptômes liés à la maladie ainsi que les somnolences diurnes. Au-delà d’une telle influence concernant les symptômes de la maladie, on a également constaté, sous l’effet d’une exposition contrôlée à la lumière, la diminution de la charge de la protéine amyloïde-β du cerveau, en partie responsable de la dégénérescence cellulaire caractéristique de la maladie d’Alzheimer, ce qui permettrait ainsi de restaurer en partie la mémoire et la cognition.

Également, les effets de l’oxygénothérapie ont également été mis en évidence pour ralentir la progression de la maladie. Déjà connue pour améliorer le quotidien de milliers de personnes âgées à domicile en cas d’insuffisance respiratoire chronique, l’oxygénothérapie aurait montré de réels effets sur la maladie d’Alzheimer. L’oxygénothérapie hyperbare consiste à placer le patient dans un caisson prévu à cet effet, afin d’améliorer l’oxygénation des cellules. “La thérapie d’oxygénothérapie hyperbare cible plusieurs processus pathologiques impliqués dans la maladie d’Alzheimer en affectant la microcirculation, le dysfonctionnement mitochondrial, la biogenèse et, en réduisant la charge amyloïde et la phosphorylation de la protéine tau; elle permet aussi de contrôler le stress oxydatif et de réduire l'inflammation”, constate le site d’actualités médicales, Santé Log. Au cours de l’étude  menée par l’Université des sciences de la santé de la Louisiane rapportée par le site, une patiente de 58 ans diagnostiquée Alzheimer a suivi au total 40 séances d’oxygénothérapie hyperbare de 50 minutes chacune, 5 fois par semaine pendant plus de deux mois. “Au bout de 21 séances, la patiente signale une augmentation de son énergie et de son niveau d'activité, une meilleure humeur et une meilleure capacité à effectuer les activités de la vie quotidienne. Après 40 sessions, elle signale une récupération de la mémoire et de la concentration, du sommeil, de la conversation, de l'appétit, une plus grande capacité à utiliser l'ordinateur, un meilleur bien-être 5 jours sur 7, une réduction des niveaux d’anxiété, de la perte d’orientation et de la frustration. Ses tremblements sont réduits, sa mobilité améliorée. Enfin, l'imagerie confirme une amélioration globale du métabolisme cérébral de 6,5 à 38%. Ce rapport de cas comporte également des images vidéo qui permettent de visualiser clairement les améliorations apportées au fonctionnement du cerveau.”

L’oxygénothérapie présente ainsi à la fois les avantages d’une méthode naturelle, non invasive et parfaitement inoffensive et d’autre part une efficacité prouvée sur la progression de la maladie. 

 

Que la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer continue de vivre à domicile avec l’aide d’un proche ou qu’elle réside en établissement spécialisé, la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des patients a considérablement évolué ces dernières années et la recherche ne cesse de progresser. Nous pouvons avoir bon espoir concernant un quotidien amélioré pour les malades et les aidants, en regard également à des pistes de traitements médicamenteux ou non très prometteuses.

 

Quelle que soit votre question concernant la recherche d’un établissement et la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, nos experts en gérontologie sont là pour vous aider.  Vous bénéficierez d'un accompagnement personnalisé et gratuit en appelant l'un de nos conseillers au 02 318 04 78

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